SOMMAIRE 

L’ENNEMI (2)

Quand on est épuisé, on se met en lutte contre l’ennemi
Insensibilité du roc
Quand il fait gris on est plus concentré
Insensibilité du dieu

Les articulations de ses quatre membres sont sans force
Surtout celles des genoux et des hanches
Face aux gens les liens se dissolvent
Surtout en face de ceux qui lui sont les plus chers

Poésie des jours torrides, des champs ensoleillés
Au bord des ruisseaux enchanteurs, dans la forêt d’aiguilles hérissées,
Le parapluie égaré
Rappel de ce qui avait été oublié


Le sage a pris son épouse pour ennemie
Dans cette Corée aussi il y a quantité de gens qui ont perdu la tête
Parmi eux je vois vivre l’épouse et les épouses
Ah, c’est signal de séparation

Autant que toutes ces tuiles étalées partout dans la capitale sous la dynastie des Yi
J’ai jeté beaucoup de choses
Quand on est vraiment épuisé, ce qu’on a de plus précieux
On le jette
Par temps gris pas de théâtre
Tout est en repos
Seules ne se reposent pas l’épouse et les épouses


Ou l’amoureux éconduit
Seul l’amoureux sera éconduit

Seul est le chiffon en lambeaux

Quand on est épuisé, on se met en lutte contre l’ennemi
Quand le temps est gris je lui fais face
Je fais face à l’ennemi le plus proche
Je fais face à l’ennemi le plus aimé
Pour gagner une bataille hasardeuse

6 août 1965


Quand on est épuisé, on se met en lutte contre l’ennemi
Insensibilité du roc
Quand il fait gris on est plus concentré
Insensibilité du dieu

Les articulations de ses quatre membres sont sans force
Surtout celles des genoux et des hanches
Face aux gens les liens se dissolvent
Surtout en face de ceux qui lui sont les plus chers

Poésie des jours torrides, des champs ensoleillés
Au bord des ruisseaux enchanteurs, dans la forêt d’aiguilles hérissées,
Le parapluie égaré
Rappel de ce qui avait été oublié
 
Le sage a pris son épouse pour ennemie
Dans cette Corée aussi il y a quantité de gens qui ont perdu la tête...

[ Kim Su-Yong, Cent poèmes ]